PARIS (Reuters) - STMicroelectronics et Ericsson annoncent la fusion de leurs activités de semi-conducteurs et de plates-formes pour
applications mobiles pour donner naissance un nouveau géant apte à concurrencer les américains Qualcomm et Texas Instruments.
Le nouvel ensemble, d'un chiffre d'affaires annuel de 3,6 milliards de dollars, réunira la division Mobile Platforms du groupe suédois, numéro
un mondial des réseaux mobiles, et la coentreprise ST-NXP, troisième fabricant mondial de puces mobiles.
STMicroelectronics apportera à la coentreprise à parité pour 1,2 milliard de dollars d'actifs, tandis qu'Ericsson contribuera avec 1,1 milliard
de dollars en cash. Le nouvel ensemble conservera une trésorerie de 400 millions de dollars, Ericsson reversant 700 millions à
STMicroelectronics.
Le groupe franco-italien rachètera parallèlement à NXP 20% de la coentreprise ST-NXP Wireless, issue du regroupement en avril d'une
partie des activités sans fil de STMicro et du groupe néerlandais NXP. Cet exercice se fera à un prix tenant compte de la "performance de
ST-NXP sur les 12 derniers mois au moment de l'exercice de l'option d'achat", a précisé STMicroelectronics dans un communiqué.
"Nous prévoyons un impact positif à court terme pour le cash flow de STMicro", a expliqué Carlo Bozotti, PDG de STMicro, lors d'une
conférence téléphonique avec les analystes.
"Cette opération aura un effet relutif sur la marge brute de STMicro à court terme (...). Nous percevons des opportunités à moyen et long
termes pour améliorer nos bénéfices", a-t-il ajouté.
L'action Microelectronics a clôturé en hausse de 2,43% à 8,30 euros, dans le peloton de tête du CAC-40, tandis qu'à Stockholm, Ericsson a
pris 0,46% à 65,80 couronnes suédoises.
QUATRE DES CINQ GRANDS FABRICANTS DE TÉLÉPHONES
La nouvelle entité aura pour clients quatre des cinq principaux fabricants mondiaux de téléphones portables. STMicro fournit Nokia,
Samsung, Ericsson LG Electronics et Sharp, tandis que les deux partenaires ont déjà pour client Sony Ericsson.
"C'est une fusion intéressante car la nouvelle entité sera le fournisseur de toutes les grands fabricants de téléphones mobiles à l'exception
de Motorola", observe Greger Johansson, analyste chez Redeye.
Ericsson "crée d'un seul coup une activité dotée de la taille critique et d'une position de leader sur le marché tout en se recentrant sur son
coeur de métier", a commenté David Hallden, analyste chez Cheuvreux. "Ce type de rationalisation est bien sûr positif et je pense que l'on doit
s'attendre à d'autres opérations du même type."
La coentreprise emploiera 8.000 personnes, dont 5.000 issues de STMicroelectronics et 3.000 d'Ericsson, et ne détiendra aucune unité de
fabrication de silicium.
Basée à Genève, elle aura pour président Carl-Henric Svanberg, PDG d'Ericsson, et vice-président Carlo Bozotti.
Dresdner estime qu'Ericsson amène pour environ 600 millions de dollars de chiffre d'affaires à ST-NXP Wireless.
"Nous sommes prudents concernant cette JV du point de vue de STMicro. Le groupe doit déjà régler les problèmes de l'activité mobile de
NXP, qui risque d'être déficitaire", écrivent les analystes de la banque dans une note.
Nathalie Meistermann et Cyril Altmeyer, avec les contributions de Georgina Prodham, Victoria Klesty et Oskar von Bahr, édité par Yann Le
Guernigou
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